Comme le Giro, la Vuelta en version Pro-Tour bénéficie d'une véritable exposition internationale puisque toutes les équipes Pro-Tour seront au départ à partir de samedi à Grenade. Mais avec seulement quatre coureurs du top 20 du Tour de France au départ, le niveau est un cran en-dessous et si quelques étrangers pourraient se glisser parmi les meilleurs, les Espagnols restent favoris à domicile. Parmi ceux-là, Roberto Heras, transparent sur le Tour, entend marquer l'histoire avec une quatrième victoire...
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Les Espagnols ne sont pas partageurs. En 2004, ils occupaient ainsi les dix premières places du classement général final de la Vuelta. Dans les quinze premiers, seul l'Italien Stefano Garzelli avait su se faire une petite place (11e). Cette année, malgré l'avènement du Pro-Tour et l'ouverture de fait de l'épreuve à un plateau plus large, les Ibères sont majoritaires et bien décidés à rester maîtres chez eux. La course, généralement spectaculaire et disputée jusqu'au bout, réserve cette année un parcours dense et montagneux avec une cinquantaine de cols à franchir, les rouleurs n'étant pas en reste puisque trois contre-la-montre individuels seront disputés. Trois fois vainqueur de l'épreuve comme Tony Rominger, Roberto Heras fait figure de principal favori à sa succession en dépit d'une piètre prestation sur les routes du Tour de France. Mais le coureur ne s'inquiète pas plus que ça de sa méforme constatée en juillet. En 2004, déjà, le coureur de Liberty Seguros s'était loupé en France avant de remporter sa troisième couronne en Espagne en septembre.
"Je suis optimiste parce que la Vuelta est une course bien différente. Elle n'a rien à voir avec celle d'il y a un mois", explique le coureur de Bejar. Depuis la fin du Tour de France, Roberto Heras a ainsi regagné sa ville natale et avoue avoir d'excellentes sensations. "Le terrain autour de Bejar est très dur. C'est un bon moyen de savoir comment tu es. J'ai grimpé beaucoup de cols très longs derrière une voiture et mes sensations sont très positives." Jamais plus à l'aise que quand il court en Espagne, Heras affiche une grand confiance dans sa capacité à enlever un quatrième maillot or, ce qui constituerait un record. "Ce serait beau de battre le record de victoires et d'entrer dans l'histoire du cyclisme mais c'est la route qui le dira".
En 2004, Roberto Heras n'avait pas eu la partie facile face à Santiago Perez, deuxième à 30 secondes au final, qui s'était révélé sur cette Vuelta avant d'être convaincu de dopage quelques semaines plus tard. Cette fois encore, c'est parmi ses compatriotes que se trouvent sans aucun doute ses principaux rivaux. Chez Iles Balears, si Alejandro Valverde fait l'impasse ne s'estimant pas assez préparé après son abandon dans le Tour, on compte sur Paco Mancebo. Quatrième du Tour de France, troisième de la Vuelta l'an passé, le grimpeur à la tête penchée semble avoir les moyens de briller.
Simoni en trouble-fête ?
Chez Euskaltel, la Vuelta est incontournable. Les Basques, presque ridicules sur le Tour de France, ont l'obligation de faire des résultats sur le Tour d'Espagne. C'est Aïtor Gonzalez, vainqueur de l'épreuve en 2002, avant un long passage à vide et sa réapparition au plus haut niveau en juin dernier quand il s'était adjugé le Tour de Suisse, qui sera le leader. Il aura pour lieutenant un certain Iban Mayo, très décevant cette saison et désireux de se racheter. Mais les coureurs espagnols sont aussi largement présents dans les formations étrangères. Juan Miguel Mercado et Jose Antonio Pecharroman chez Quick Step, Oscar Freire, de retour à la compétition, chez Rabobank, Jose Azevedo chez Discovery Channel, Oscar Sevilla chez T-Mobile, et plus encore, Oscar Pereiro chez Phonak, ont bien l'intention de s'illustrer devant leur public.
<= Simoni pourrait tirer son épingle du jeu.
Dès lors, pour les étrangers, il faudra trouver les opportunités pour s'exprimer. Pour le classement général, Gilberto Simoni semble être en mesure de jouer les trouble-fêtes et dans une moindre mesure Santiago Botero, Floyd Landis ou Denis Menchov seront à suivre de près. Les arrivées au sprint seront elles animées par la rivalité entre Alessandro Petacchi et Tom Boonen, arbitrée par Erik Zabel, pour sa dernière grande course sous les couleur de T-Mobile, et par Thor Hushovd.
Côté français, comme sur le Giro et la Vuelta, les victoires d'étape se compteront probablement sur les doigts d'une main alors qu'il n'y a rien à espérer pour le classement général. La Française des jeux présentera une équipe très jeune derrière Bradley McGee. Sans Stuart O'Grady, Cofidis tentera des coups et pourrait profiter de la pointe de vitesse d'un Jimmy Casper. Chez Bouygues Télécom, Thomas Voeckler, Pierrick Fédrigo ou encore Anthony Charteau, un des rares Tricolores à avoir remporté une course Pro-Tour, auront tout le loisir de jouer les baroudeurs. Une fois encore, l'équipe Crédit Agricole avec Thor Hushovd et Francesco Bellotti ou Alexandre Botcharov, épaulés par Christophe Le Mével, vainqueur d'étape sur le Giro, ou Sébastien Joly, vainqueur du Tour de Limousin, semblent être la mieux armée des équipes françaises.
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